Démarche

Démarche

Qu’il s’agisse de communiquer par courrier électronique, par messagerie instantanée, de s’envoyer des photos, des vidéos, de publier du contenu, de partager de l’information, nous dépendons souvent de services hébergés par des sociétés aux pratiques contestables. J’essaye autant que faire se peut d’utiliser des services web auto-hébergés utilisant des logiciels libres. Par exemple, cette page que vous lisez est auto-hébergée chez moi sur un petit ordinateur servant de serveur.

Voici quelques questions et réponses pour expliquer ou clarifier ma démarche.

Pourquoi décentraliser ?

Internet a été conçu initialement pour fonctionner de manière décentralisée. Les fournisseurs de contenus préfèrent cette approche pour ainsi pouvoir canaliser les utilisateurs vers certains sites qui pourront ainsi générer un revenu. Un grand nombre d’utilisateurs d’internet fréquente un spectre étroit de sites, passant par le portail de leur fournisseur d’accès à internet, ou utilisant principalement un service (Facebook par exemple).

Logiciel libre ? Qu’est ce que c’est ?

L’utilisation de logiciels libres permet de s’assurer de la pérennité des services utilisés, de participer à des communautés d’utilisateurs (remonter des demandes de fonctionnalités, participer à la résolutions de problèmes, etc).

L’utilisation de logiciels libres permet aussi de pouvoir ouvrir le capot pour voir comment ça marche. On bénéficie souvent de la transparence du processus d’élaboration du service.

Pour plus de détails :

Ne risque-t-on pas d’être isolé des utilisateurs de plate-formes fermées ?

Non, un certain nombre d’applications disponibles en open source sur le web commence à mettre en place une approche décentralisée. Il est donc possible d’interagir avec d’autres utilisateurs utilisant des protocoles ouverts et standards.

Deux exemples : avoir un courrier électronique chez un fournisseur n’empêche pas de communiquer avec les autres, il s’agit d’interopérabilité. De même la messagerie instantanée de google (gtalk, gmail chat) utilise un standard ouvert interopérable : XMPP/Jabber, par conséquent je peux continuer à communiquer avec les utilisateurs de gmail par ma messagerie instantanée auto-hébergée.

A contrario, lorsque un utilisateur utilise Facebook, il est difficile de communiquer avec d’autres utilisateurs sur d’autres plateformes.

Vie privée – quelle différence ?

Une mesure de surveillance électronique peut être, dans certains pays, parfaitement silencieuse. Une entreprise hébergeant vos données privées ne sera pas forcément dans l’obligation de vous informer que vos données privées sont saisie par une instance judiciaire ou administrative. Lorsque vos données personnelles sont auto-hébergées, vous serez probablement plus au courant d’une demande de saisie.

Les entreprises hébergeant vos données privées sont probablement plus à même de subir des pression politique, économique ou fiscales pour communiquer des informations sans obligation légale.

P2P ? C’est pas pour les pirates ça ?

Non, beaucoup de choses sur internet fonctionnent sur des architectures pair-à-pair (peer-to-peer, P2P). Bittorrent par exemple permet de distribuer des contenus parfaitement légaux (la liste serait trop longue mais mentionnons tout de même la musique avec Jamendo, les distributions Linux , les logiciels en production par exemple chez Facebook, les vidéos dont la diffusion est légale). L’utilisation de plus en plus importante du P2P permettra de s’éloigner d’un modèle centralisateur.

Hacker ? C’est pas des pirates informatiques ça ?

Non, un hacker n’est pas, comme montré souvent dans les médias un méchant pirate informatique.

Pour reprendre la définition de wikipedia “Hacker est à l’origine un mot anglais signifiant bricoleur, bidouilleur, utilisé pour désigner en informatique les programmeurs astucieux et débrouillards. Plus généralement il désigne le possesseur d’une connaissance technique lui permettant de modifier un objet ou un mécanisme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu.”

Pourquoi pas de publicité ?

Il est important de se rendre compte que les services affichés comme gratuits sur internet ne le sont pas vraiment. Le coût est caché, il s’agit souvent d’un modèle économique autour de la publicité ou du marketing autour de données personnelles.

Un grand nombre de sites utilisent le contenu généré par ses utilisateurs pour dégager un revenu sans rétribuer les créateurs de contenu. Par exemple, YouTube bénéficie financièrement sans aucune contre partie des contenus ajoutés par ses utilisateurs.

L’indépendance de la publicité permet de ne pas subir de pression sur les contenus publiés.

Il est aujourd’hui possible techniquement de se prémunir contre la publicité sur internet avec des logiciels tels que Adblock Plus pour Firefox, mais cette protection ne sera pas forcément adopté par tous. Le fait de publier et de partager des informations sur des sites comportant de la publicité, même si je ne la vois pas personnellement, impose aux personnes qui regardent ce contenu de subir cette publicité.

plus d’infos :

Pourquoi l’auto-hébergement ?

  • éducation
  • pédagogie
  • autonomie
  • contrôle des données
  • possibilité de migration
  • risque de fermeture des sites

Quels services j’ai “libérés” pour mon utilisation ?

  • google tchat – remplacé par jabber/xmpp perso (serveur prosody)
  • google reader – lecteur de flux RSS – remplacé par rsslounge or tinytinyrss
  • twitter – microbloggin – remplacé par statusnet
  • flickr – publication de photos – remplacé par openphoto, gallery, piwigo
  • dl.free.fr – transfert de gros fichiers – remplacé par jyraphe
  • deezer – music en ligne – remplacé par ampache (ou tincanjukebox)
  • doodle – choix de dates pour groupes – remplacé par RDVZ, papillon ou studs
  • delicious – marque page public et social – remplacé par semanticscuttle : mes bookmarks
  • archives familiales – omeka
  • openid – remplacé par simpleid
  • webid – dans mon foaf

Comment tout cela marche ?

Je ne souhaite pas forcément rentrer dans tous les détails techniques car j’estime que d’excellentes ressources existent sur internet pour construire un auto-hébergement. N’hésitez pas à me contacter pour des liens vers ces ressources.

Pour les curieux, ce site est hébergé sur un QNAP 109 qui tourne sous debian (photo et install ici ) et une sheevaplug (photo et install ici). J’utilise aussi un serveur dédié chez un hébergeur professionnel, mais je réfléchis à comment rapatrier le tout chez moi.

What’s next ?

Comment faire la même chez vous ?

Sources de documentation supplémentaire

Vidéos sur le sujet

  • Internet libre ou minitel 2.0 ?” vidéo (durée 1h04)
  • Qu’est-ce qu’Internet ? Partie 1 : Le réseau” vidéo (durée 1h37)
  • Qu’est-ce qu’Internet ? Partie 2 : Les applications” vidéo (durée 1h49)
  • Qu’est-ce qu’Internet ? Partie 3 : Les enjeux politiques et sociétaux” vidéo (durée 2h01)
  • Qui cherche à contrôler l’Internet ? ” vidéo (durée 1h35)

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